Nourriture, cosmétiques, vin… Le bio s’invite partout. Le point sur les dangers des pesticides, ces aliments qu’il faut préférer bio et les clés pour se nourrir et consommer plus sainement.Se convertir au bio

Le bio, qu’est-ce que c’est ? Retour aux sources

Ce terme désigne tout produit ou denrée issu de l’agriculture biologique : une méthode de production naturelle, caractérisée par l’absence d’usage de la chimie de synthèse (pesticides, herbicides, fertilisants artificiels…).

Mais le bio est avant tout un concept, celui d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement, durable.

Le bio c’est aussi un label, une certification, avec son cahier des charges et autres contraintes parfois obscures pour les consommateurs.

Finalement le bio ce n’est pas nouveau : l’utilisation des pesticides a véritablement explosé avec l’avènement de l’agriculture intensive, dans les années 70. Cette tendance vise plutôt à revenir à une production plus raisonnée, meilleure pour l’environnement et notre santé.

Côté nutrition : le bio, c’est bon ?

Les bénéfices nutritionnels des aliments issus de l’agriculture biologique suscitent le débat. La toxicité des pesticides présents dans les aliments conventionnels reste en revanche scientifiquement avérée (1) : ils sont facteurs de cancer, d’infertilité, et dangereux pour le développement du fœtus chez la femme enceinte.

Alors « Manger bio c’est mieux » (2) ? En tout cas c’est le titre d’un ouvrage qui résume les derniers résultats de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA). Pour réaliser cette étude, l’EFSA a analysé quelque 70 000 aliments pour connaître leur teneur en résidus de pesticides sur des produits issus de l’agriculture conventionnelle (non biologique). Le verdict est sans appel, on trouve :

– 338 pesticides différents dans les légumes
– 319 dans les fruits
– 93 dans les céréales
– 34 dans les produits animaux
– et jusqu’à 26 pesticides sur un même produit (une grappe de raisin)

Top 10 des fruits et légumes qu’il faut préférer bio

Certains aliments sont plus à risque que d’autres :

1. Pommes de terre : parmi les fruits et légumes, elles détiennent l’un des taux les plus élevés de pesticides. Une étude (3) révèle que – même lavées et épluchées – 81 % des pommes de terre testées contiennent encore des pesticides.

2. Salades : à l’échelle mondiale, la salade est le végétal le plus contaminé.

3. Epinards et chou kale, pour les mêmes raisons que les salades : cultivés souvent dans des serres, les pesticides ne se dispersent pas dans l’air et y sont donc très concentrés.

4. Poivrons : les insectes en raffolent, ils font donc l’objet de traitements intensifs. Ou alors épluchez-les soigneusement, ils n’en seront que plus digestes.

6. Légumes secs(pois, haricots et lentilles) restent fortement contaminés.

6. Fruits à pépins (pommes, poires) : le meilleur de ces fruits réside dans leur peau (phytocomposants, antioxydants et vitamines). Le hic, c’est que les pesticides aussi s’y accumulent…

7. Raisin : c’est l’un des fruits les plus porteurs de pesticides, et ils sont compliqués à éplucher.

8. Fruits à noyaux(avocats, abricots, pêches…) : parce que les insectes les adorent, les pesticides aussi.

9. Fruits rouges  (fraises et framboises) : pour les rendre plus séduisants, les producteurs n’hésitent pas à ajouter du captane, un polluant à effet fongicide.

10. Agrumes : ils ont la peau dure, les traitements qui vont avec… Préférez-lez non traités, surtout si vous en prélevez le zest !

Zoom sur la tendance bio

Une entreprise qui ne connaît pas la crise ? « Le marché du bio pèse  4, 1 milliards d’euros en France, et la part du bio représente aujourd’hui 2% de l’alimentation des Français, contre 1% en 2006. » explique Isabelle Senand, directrice d’études à Xerfi, auteur d’une étude sur la distribution de produits bio interviewée par Challenge.fr (4). Une croissance de 5% en 2013 !

La bio attitude ce n’est pas seulement prendre soin de soi mais aussi de la planète et des autres. Citons Claude Aubert, pionnier de l’agriculture biologique : « Manger bio c’est meilleur pour la santé, meilleur pour l’environnement (…). Plus personne ne peut dire sérieusement que les pesticides ça ne fait de mal à personne (…) Il n’y a pas photo, plus personne ne conteste que les agriculteurs se font du mal » (5).

Eh oui, et c’est la raison pour laquelle le bio se retrouve à tous les rayons et pas seulement dans votre assiette : vêtements en coton biologique, vin nature, cosmétiques, produits ménagers… Simple effet de mode ? Non ! Cet attrait pour le bio témoigne d’une volonté de consommation plus authentique et traditionnelle, une quête de traçabilité et de retour à la nature. Bref, le bio c’est bon et surtout… c’est meilleur !

5 conseils pratiques pour une alimentation – pas forcément bio – mais plus saine !

Pas toujours évident de se nourrir exclusivement de produits issus de l’agriculture biologique. Voici quelques réflexes à connaître pour mieux manger :

  1. Variez votre alimentation pour répartir les risques.
  2. Lavez minutieusement vos fruits et légumes pour les débarrasser des souillures et autres résidus (insecticides, fongicides ou pesticides).
  3. Epluchez ! Les pesticides restent plus concentrés au niveau de la peau des végétaux.
  4. Méfiez-vous des produits « low cost », souvent peu qualitatifs, ou lisez attentivement les étiquettes. Surtout que manger responsable n’est pas forcément coûteux…
  5. … Préférez les produits de saison et achetez vos fruits et légumes crus. Bref, mettez la main à la patte pour vous préserver des conservateurs et autres additifs peu naturels.

Le bio constitue un retour à une production agricole plus raisonnée. Et si mieux se nourrir ne serait pas réinviter un peu de bon sens dans notre assiette ? Tout simplement.

(1) The developmental neurotoxicity of organophosphorus insecticides: a direct role for the oxon metabolites Toxicol Lett. 2012 Feb http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22155227
(2) « Manger bio c’est mieux ! Nouvelles preuves scientifiques à lappui »éditions terre vivante, 2012, Claude Aubert, Denis Lairon et André Lefèbvre.
(3) USDA, 2006 United States Department of Agriculture (USDA). Data sets : Organic Production, Economic Research Service, The Economics of Food, Farming, Natural Resources and Rural America. Washington (DC) : USDA, 2006. www.ers.usda.gov/Data/Organic/.
(4) http://www.challenges.fr/entreprise/20140225.CHA0827/le-marche-du-bio-alimentaire-est-en-croissance.html
(5) Claude Aubert, ingénier agronome, interviewé par Terre Vivante http://boutique.terrevivante.org/librairie/livres/196/alimentation/conseils-d-expert/458-manger-bio-c-est-mieux.htm
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