Mincir ou réfléchir, il faut choisir. Jessie De Witt Hubert, psychologue et chercheur à l’Université d’Utrecht (Pays-Bas) a synthétisé 50 études sur le comportement alimentaire des personnes au régime. Ses conclusions sont sans appel  : réfléchir est nocif pour la perte de poids. Explications.

Acte 1 : penser à maigrir creuse l’appétit

« Cette semaine j’arrête les sucres rapides ». Et là, inévitablement, vous pensez à la confiture si délicieuse au petit-déjeuner, au petit carré de chocolat qui sublime votre café le midi, à la formule déjeuner avec dessert, au verre de vin de ce soir… Un coup de fatigue, une occasion gourmande, une vitrine de pâtisserie qui vous fait de l’œil, ou un simple dîner de famille et votre esprit est accaparé par toutes ces gourmandises. On se focalise sur les aliments défendus, ils en deviennent irrésistibles.Mincir sans réfléchir

Acte 2 : quand l’autojustification conduit à l’impulsion

Contrairement aux idées reçues, cette étude démontre que ce ne sont pas les impulsions qui nous empêchent de réguler notre faim, mais l’autojustification. Eh bien oui : face à un dilemme, à force de réfléchir on trouve des arguments qui justifient le non respect de nos objectifs : « Je ne mangerai qu’une soupe ce soir pour la peine », « Si je refuse de prendre du dessert je vais les vexer », « Oh, et puis je l’ai bien mérité »… autant de raisons de craquer et de faire taire vos bonnes résolutions.

Acte 3 : cercle vicieux, mode d’emploi

Selon cette étude, la simple intention de maigrir, le fait d’y penser et de s’en auto-convaincre, peut vous apporter une satisfaction suffisante pour justifier d’une incartade. Un premier écart et la mécanique du craquage est en route. Le docteur Jessie De Witt Hubert explique que pour mettre un terme à ce processus, il faut prendre conscience de l’impact de l’autojustification sur vos comportements alimentaires : vous êtes simplement en train de vous trouver de bonnes excuses, que vous risquez de regretter.

Mais attention : un écart ponctuel n’a pas d’impact sur votre prise de poids, et la culpabilité reste un mauvais levier. Les exceptions sont autorisées, tant qu’elles le restent ! Moralité ? En matière de régime, mieux vaut ne pas trop y penser finalement… Alors, si on activait plutôt le mode « pilote automatique » ?

La meilleure des solutions : changer vos habitudes ! Avant de penser au résultat, cadrez vos comportements. Voici quelques idées :

  • Ne jamais faire vos courses le ventre vide pour n’acheter que du léger
  • Planifiez vos repas en amont
  • A table préférez de petites portions et interdiction de vous resservir
  • Jamais plus d’un féculent par repas (des pâtes oui mais alors pas de pain…)
  • Mangez doucement
  • Bannissez les sucres rapides
  • Faites de l’exercice : préférez la marche à pied aux déplacements véhiculés, trouvez un sport à exercer chaque semaine
  • Toujours prévoir dans son réfrigérateur des aliments légers et coupe-faim en cas de fringale : une carotte crue, de la faisselle allégée, une pomme….

Il vous suffit de 15 jours pour instaurer cette nouvelle routine : seulement 2 semaines pour construire une mécanique saine et sans « prise de tête »… Bref, maigrir sans réfléchir !

(1) Personality and Social Psychology Review November 8, 2013. Etude a publiée dans la revue spécialisée « Personality and Social Psychology » http://psr.sagepub.com/content/early/2013/10/31/1088868313507533.abstract
Mincir… sans réfléchir !
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