Les textiles « conventionnels » sont-ils dangereux pour l’homme et son environnement ? Solvants et teintures sont couramment utilisés dans leur fabrication, non sans conséquences. Mais depuis quelques années, la résistance s’est organisée. Et le marché des textiles biologiques et écologiques ne cesse de progresser, porté par la prise de conscience croissante des consommateurs, de mieux en mieux informés sur les risques.

Coton bio

L’éco-textile attire de plus en plus de consommateurs éco-responsables ou simplement attentifs à leur santé. Et il y a urgence, puisque rien qu’en France, 1 million de tonnes de textiles sont consommés chaque année dont 60% correspondent à des vêtements ou à du linge de maison (Source ADEME. http://www.ademe.fr/htdocs/presentation/Actionregionale/hnormandie/Guide_dechets/Ademe_Site/web-content/pages/2412.htm).

Les fabricants l’ont d’ailleurs bien compris et cherchent de plus en plus à se tourner vers le biologique pour la culture et les énergies renouvelables pour la transformation des matières premières en fibres, que ce soit pour le teillage (séparation des graines des pailles), le peignage (séparation des fibres), la filature ou le tissage. Autant d’opérations mécaniques gourmandes en énergie. C’est ainsi que la notion d’éco-textile s’est développée, en l’associant parfois à celle de commerce équitable ou d’éthique.

Des textiles écologiques, c’est quoi ?

La production biologique est fondée sur un système de culture des fibres textiles qui soutient et régénère la fertilité des sols sans utilisation de produits toxiques, de pesticides persistants, d’engrais ou de semences génétiquement modifiées. Toute la production doit être écologique.

Mais il s’agit aussi de s’orienter vers des tissus alternatifs qui ne se limitent pas au très populaire coton bio. Le bambou ou le chanvre, par exemple, sont des fibres 100% naturelles. Citons aussi le lin qui consomme 4 fois moins d’eau que le coton*. Même les déchets agricoles peuvent être utilisés.

Le coton bio

Le coton est la 1ère fibre textile au monde. Et aussi la plus polluante. Elle absorbe 25% des pesticides pour 2,5% des surfaces cultivées**. Le coton bio lui, n’utilise aucun produit chimique ou phytosanitaire. Il n’utilise que des pesticides naturels.

Sa fertilisation est réalisée au moyen d’engrais organiques (fumier ou compost) et sans irrigation intensive. De plus, les économies réalisées par les cultivateurs sur l’achat de pesticides et d’engrais se révèlent avantageuses.

Conséquence : un risque allergique limité lié à l’absence de produits chimiques dans le mode de fabrication. Ce sont donc des tissus indiqués pour les peaux sensibles et aussi pour les bébés.

Colorants polluants

Attention aussi aux colorants utilisés pour donner les couleurs flamboyantes que nous aimons tant ! Les colorants chimiques sont nombreux dans l’industrie textile. Environ 60 % à 70 % des colorants utilisés aujourd’hui sont des colorants « azoïques*** », interdits en Allemagne depuis 1996. En France, certains sont toujours autorisés. De plus, la plupart de ces colorants sont peu biodégradables. Les producteurs et les consommateurs en subissent les effets nocifs ainsi que notre planète.

Comment reconnaître des textiles écolos et bio ?

Regardez les emballages et recherchez le label Ecocert : un organisme indépendant chargé d’inspecter les entreprises et de contrôler les textiles. Il garantit au consommateur le caractère biologique et/ou écologique des textiles certifiés.

3 certifications textiles :

– GOTS (Global Organic Textile Standard) pour une responsabilité sociale et environnementale,

– OCS (Organic Content Standard) pour garantir la traçabilité des textiles en fibres biologiques,

– Textiles Ecologiques et Recyclés (Référentiel Ecocert) pour revendiquer la qualité écologique.

– OEKO – Tex : non-utilisation des substances chimiques.

Pour les colorants textiles, recherchez sur les étiquettes les deux appellations NF EN 14361-1 ou NF EN 14362-2.

Consommer mieux et consommer moins de textile est essentiel aujourd’hui. Ici, comme ailleurs, souvenons-nous de la règle des 5 R. : Réduire, Réutiliser, Recycler, Réparer, Réfléchir.

Et vous, revendez-vous ou échangez-vous les textiles dont vous n’avez plus l’usage ?

En savoir plus sur la certification Ecocert : http://www.ecocert.com/textile-biologique-et-ecologique

 

* Source : ecoloinfo.com, Éco-profil d’une chemise en lin. : http://www.ecoloinfo.com/2008/07/29/eco-profil-dune-chemise-en-lin/
** Sources OMS.
*** Contenant une double liaison azote dans sa structure moléculaire.

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