L’avez-vous remarqué ? La nuit est menacée par le jour.
Loin d’être de la science-fiction, cette phrase (anodine) recouvre un fait bien réel. Assez réel en tout cas pour que ce fait fasse l’objet d’une Journée nationale de mobilisation : le « Jour de la Nuit », qui se déroulera Samedi 13 octobre prochain.

Un jour pour protéger la nuit

Le « Jour de la Nuit » est une opération nationale de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé.

On le comprend facilement, l’essentiel des manifestations auront lieu ce jour-là… après le coucher du soleil. Au programme de cette 4ème « édition » : la Nuit donc, dans ce qu’elle a de plus nature. Balades nocturnes, observations des étoiles, sorties nature et extinctions des feux de la ville seront donc à reporter dans votre agenda.

Pollution du ciel

À la base de cette initiative, il y a près de 20 ans déjà, la prise de conscience de la communauté des astronomes qui tentaient de sensibiliser les autorités, les collectivités et le grand public au problème de la pollution lumineuse. Nuit après nuit, le ciel se voilait telle une pellicule photographique trop exposée à la lumière : la nuit devenait plus claire, moins noire… les étoiles moins visibles.

Face à cette situation, de nombreuses initiatives ont vu le jour partout dans le monde. En France, celle-ci a notamment pris la forme du « Jour de la Nuit ».

Une journée nationale, pour un problème de taille : certains citadins n’ont déjà plus la chance d’apercevoir la Voie Lactée ou la Grande Ourse depuis leur jardin ou leur balcon… La plus célèbre des constellations de l’hémisphère Nord compte près de 400 étoiles, mais seule une dizaine reste encore perceptible.

L’urbanisme en cause


En cause : la ville, qui s’étend de façon tentaculaire, avec son éclairage public, au détriment des campagnes.
Ces lueurs liées à l’urbanisation galopante, persistent plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, provoquant une pollution lumineuse toujours plus importante. En dix ans en France, le nombre de sources lumineuses a augmenté de 30 %.
 

Des initiatives qui se multiplient

La « disparition » de la nuit noire est-elle pour autant une fatalité ? Sensibilisées à la question, quelques communes ont commencé à réagir ! Elles éteignent par exemple leur éclairage public après minuit ou installent des dispositifs-cache qui éclairent le sol et non plus le ciel. Simple et efficace.

Écosystèmes menacés 

L’éclairage public « anarchique » ne dérange pas que scientifiques, rêveurs ou amoureux en mal d’obscurité. Ses effets sont insidieux et troublent aussi fortement les écosystèmes. On l’oublie souvent, mais la nuit, une foule d’animaux (petits ou grands) profitent de l’obscurité. Ces derniers voient leur activité perturbée par l’absence de nuit totale. Attirés par la lumière, de nombreux insectes sont ainsi menacés, grillés ou capturés par leurs prédateurs.

Des oiseaux migrateurs sont désorientés par la pollution lumineuse et viennent heurter les bâtiments ou les ponts illuminés, les chauves-souris désertent les régions urbaines… Certains arbres proches des sources lumineuses voient aussi leur floraison perturbée, notamment dans les parcs publics.

Fête de la nuit noire

Alors que vous soyez amoureux du ciel ou de la faune, passionné de la flore ou si, simplement, vous n’arrivez pas à dormir ce soir-là, venez fêter la nuit noire le 13 octobre prochain ! Et n’oubliez pas en partant de bien éteindre la lumière derrière vous.

Découvrez le programme du Jour de la Nuit
www.jourdelanuit.fr

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